mardi 15 avril 2014

Transdromoise 2014 par Tristan, Gaël et Régis


Vendredi 11 avril, je rejoins Régis chez lui à Marseille, on passe prendre Gaël à Aix-en-Provence et on file tous les trois à Séderon (Sud de la Drôme) dans le joli camping-car de Régis. C’est le grand luxe avec douche chaude et tout le confort moderne, si avec ça on n’assure pas, on est vraiment des nazes ! Au briefing du vendredi soir, le parcours annoncé est une traversée vers le nord avec un départ de Séderon puis une balise de passage imposée au sommet du Jocou (2000m), juste à l’ouest du col de Lus la croix haute et une arrivé mercredi avant 16h00 à Saint Martin en Vercors au beau milieu du Vercors.

L’analyse météo du vendredi soir annonce un flux de nord pour les jours à venir, ce qui ne nous arrange pas du tout. Pour le samedi, la météo prévoit une journée avec de bons plafonds mais avec un nord déjà présent. Puis du vent très fort le dimanche, une accalmie le lundi puis re-nord très fort le mardi avec une hypothétique accalmie le mercredi. Notre plan du samedi est de rejoindre Laragne, un autre site de vol à un quinzaine de kilomètres en volant le samedi, de rester en attente le dimanche et de parcourir une grande partie du trajet le lundi en volant et de s’adapter ensuite à l’évolution météo à venir.

En réalité, la journée du samedi sera bien meilleure que prévu car le nord annoncé ne se fera ressentir qu’à partir de 16h, nous laissant parcourir une bonne distance dans des conditions idéales. Nous décollons bien trop tard vu les bonnes conditions. Nous effectuons la première partie du vol ensemble en rattrapant petit à petit bon nombre de pilotes. Cette apparente facilité me fait relâcher la concentration et je pose au pied des antennes de Beaumont (25km plus loin) alors que le ciel est encore parfait. Quel naze ! Ca va me coûter cher cette histoire…
Par chance, j’ai posé à proximité d’un décollage (le rocher de Beaumont). Je remonte les 700m de dénivelé en 4ème vitesse. Le temps de remonter, le nord prévu est désormais présent et le ciel se charge rapidement, je vole 10km et atterris juste au sud d’Aspres avant l’arrivée de la pluie. Pendant ce temps là, Gaël a continué et il pose à proximité du col de Cabre (vol de 40km) et marche jusqu’à Lus-la-Croix-Haute. Les autres pilotes on parcouru entre 25 et 50km avec le gros de la troupe en attente autour de Lus la Croix Haute.

J’hésite à laisser passer la journée du dimanche pour redécoller d’Aspres le lundi et essayer de rattraper un peu la troupe mais les prévisions se sont dégradées pour le lundi, toujours du nord trop fort, il va falloir marcher…30km et 9h00 de marche par les routes et les chemins de randonnée jusqu’à Lus, c’est vraiment très joli mais ça fatigue pas mal... Dans un sous-bois, j’entends quelqu’un qui court vite dans les feuilles dans ma direction, je pense d’abord à un parapentiste qui veut me faire une blague et en me retournant je tombe nez à nez avec deux énormes biches. On sursaute de peur tous les trois et elles font demi-tour comme des gazelles. Pendant ce temps là, Gaël marche 2h pour se rapprocher du sommet du Jocou.

Le lundi matin, j’attaque à 5h30 pour rejoindre Gaël à 8h00 et attaquer ensemble avec Régis l’ascension du Jocou avec l’espoir de pouvoir y décoller. En chemin on croise deux chevreuils qui traversent les névés. Au sommet, les paysages sont magnifiques : on aperçoit le Mont Ventoux au Sud, les Trois Becs à l’ouest, tout le Dévoluy à l’est et tout le Vercors au nord. Malheureusement, c’est la tempête au sommet et il faut se résoudre à continuer à pied jusqu’au col de Menée.
Dans la descente, en voulant prendre un raccourci on se met en difficulté dans des pentes enneigées et un peu trop raides pour nous, on s’en sort tant bien que mal mais on a vraiment déconné sur ce coup là, on n’est pas fier de nous… On atteint le col vers 16h00. Arrivée là-bas, je suis épuisé, j’ai mal aux pieds et je décide de ne plus bouger tant que de bonnes conditions de vol ne se présentent pas. Gaël a aussi un peu mal à un pied mais a encore un peu d’énergie et monte sur la crête au NO pour un petit vol (5km) qui le pose au pied du Mont Aiguille.


Le mardi, pour changer, du nord trop fort. C’est les vacances pour moi. J’en profite pour passer la journée avec Régis et ses hélicoptères, acheter du vin et de la Clairette de Die, adopter un chien et surtout me reposer. Gaël continu d’avancer à pied mais force un peu trop sur son pied douloureux et on le récupère en mauvais état en fin d’après-midi, il a trop mal au pied et décide d’arrêter la course.



Mercredi, dernier jour, la météo annonce…du nord, mais qui doit faiblir au cours de la journée. Mon secret espoir est de réussir à remonter en volant la ligne de crête Est du Vercors et m’approcher de l’arrivée. Je monte sur la crête au NO du col de Menée et décolle vers 11h30, je vole une petite demi-heure mais je suis bien contré par le nord. J’arrive à avancer jusqu’au Mont Aiguille mais impossible de le passer, je vais alors poser dans un pierrier au pied des grandes faces est du Vercors. La course est quasiment terminée, je décide quand même d’avancer un petit peu à pied, de passer un petit col qui me barre la route et de voir si je peux décoller derrière. Après 2h00 de traversée, je trouve un pierrier raide mais dégagé, je dois poser ma voile sur un petit sapin pour qu’elle reste en place. Il est 14h30, ce coup là, c’est la dernière chance.
Et ça fonctionne ! Le nord a faibli et le parcours est parsemé de bon thermiques qui me montent au dessus de la ligne de crête à 2400m. C’est irréel, Gaël et Régis m’encourage à la radio et les paysages défilent. C’est grandiose, je survole l’impressionnante face du grand Veymont, j’aperçois une famille de chamois (ou bouquetins ?) qui se balade au dessus du vide sur une petite vire de 20cm de large.
J’alterne entre coté ouest, encore très enneigé, et coté est de la crête qui donne encore quelques thermiques. Il est 16h00 la course est terminée, je ne pourrais pas atteindre la dernière balise mais peu importe, je prolonge le vol jusqu’à Villars de Lans et pose à l’entrée des gorges de la Bourne. Gaël et Régis passent me prendre et on file à l’arrivée pour retrouver toute la troupe et partager toutes ces aventures.



Vraiment une belle expérience. Pour couronner le tout, on se sera vraiment bien marrés tous les trois pendant les cinq jours et je crois que c’est le plus important. Un grand merci à Delphine de l’école Esprit Parapente pour l’organisation de cette belle aventure. A Guillaume pour les prévisions météo en plein milieu de sa lune de miel. Et un immense merci à Régis pour la logistique et les encouragements pour rejoindre Gaël à pied et à Gaël pour m’avoir motivé à le rejoindre à pied et à ne pas abandonner le lundi soir, la prochaine fois on fait le dernier vol ensemble !
A bientôt

Tristan

Trace de Gaël :

Trace de Tristan :

Photos :

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